Jeu de rôle par forum dans un univers futuriste et alternatif des X-Men.
 
AccueilGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Mer 17 Aoû - 19:24

Le L.I.O. était un petit bar caché quelque part dans Tokyo. A vrai dire, les touristes ne le voyaient jamais. Et la majorité des Tokyoïtes également ; seuls les grands habitués et quelques uns qui était tombés dessus par une sorte de hasard y venaient. Bien que parfois, le bouche-à-oreille amenait un ou deux curieux. Car il fallait bien l'avouer : pour en voir l'entrée, il fallait souvent être attentif. En plus, le bar en question se trouvait au sous-sol d'un bâtiment gigantesque. Ce qui entre autres, n'était pas particulièrement l'endroit où les gens avaient très envie de dépenser leur argent. Généralement, ils préféraient encore un bar sympathique qui faisait aussi dans la restauration. Ou avec karaoké, ou encore pour les fans, avec des serveuses déguisés. Le L.I.O. lui, n'avait rien de tout cela. De plus, sans être minuscule, il n'était pas spécialement spacieux pour autant. En plus, la décoration était légèrement vieillotte, avec des meubles en bois, et un simple jukebox dernier cri qui jurait avec le reste.

Jun en tout cas, l'aimait bien. Il y avait peu de monde, et la grande majorité des clients étaient des habitués, ce qui rendait de suite l'ambiance plus conviviale. Généralement, la plupart savait très bien qu'elle était une mutante ; et l'appelait eux-mêmes affectueusement "Pikachu-chan". Elle le supportait relativement bien, tant qu'on s'en tenait qu'au surnom. Et surtout, ils étaient plus occupés à se raconter des histoires ou à se morfondre parfois qu'à l'enquiquiner sur sa drôle de peau. Et ainsi, elle aidait assez bien sa mère ; celle-ci pouvant alors souffler un peu ou s'occuper de la maison et de ses frères et sœurs. De toute manière, puisqu'elle avait cessé d'aller à l'école depuis maintenant trois ans, elle n'aurait sans nul doute jamais meilleure possibilité que de reprendre le bar familial à son tour. Sans diplôme et sans grandes connaissances, elle ne risquait guère de trouver d'emplois très reluisant.

Ce soir-là, elle portait des bottes noires, une jupe marron qui descendait jusqu'aux chevilles ; ainsi qu'un haut jaune et des gants en plastique de même couleur qui lui montait au moins jusqu'aux coudes. Sur une chaise derrière elle gisait un pull jaune et un manteau, avec une paire de gant en laine, puisque après tout, nous étions en plein hiver. Cependant, le bar étant au moins bien chauffé, elle se permettait au moins de se mettre les bras à l'air ici. Par simple mesure de précaution, elle mettait simplement des gants en plastique sur le conseil de ses parents. Des fois que, on ne savait jamais. Et ce soir-là, elle remerciait intérieurement ses arrières-grands-parents, qui avait été les premiers propriétaires, d'avoir instauré cette petite tradition d'avoir un jukebox ici. Ce n'était pas le même qu'à l'époque, mais qu'importe. Au moins, il y avait de la musique. Ca lui plaisait. En particulier lorsque le bar était pratiquement vide. Or, c'était le cas, à deux exceptions près.

Car dans le petit coin à sa gauche se trouvait deux clients. Le premier était un vieux retraité qui passait son temps à marmonner des histoires aussi incongrues que distrayantes. Le second était un mangaka d'âge mur qui était également un habitué ; et qui justement, adorait les histoires du premier. Autant dire donc, que Jun s'ennuyait ferme, se contentant d'écouter la musique, tout en restant posté à droite du bar, c'est-à-dire pile en face de l'escalier qu'il fallait emprunter pour venir. Cela étant, elle ne s'attendait pas particulièrement à y voir d'autres clients. A cette heure-ci, il était extrêmement rare d'en voir. Généralement, ils venaient à la sortie de leur boulot, ou après le repas. Mais maintenant, non. Soit ils étaient chez eux, soit dans un autre bar peut-être. Toutefois, elle jetait également quelques coups d’œils vers les deux hommes à l'opposé, pour vérifier qu'ils ne manquaient de rien. Quand leur verre sera vide, ils voudront très probablement en reprendre après tout. Autant se tenir prête à ce moment-là.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Mer 17 Aoû - 23:13

La musique se diffusait en douceur dans le bar, et n'était que très peu parasitée par le bruit d'une conversation. Quoique... Il fallait dire que le vieil homme qui venait souvent dans le bar avait l'ouïe défaillante, âge oblige.


Il avait un air très sérieux, et malgré sa surdité, ne haussait pas particulièrement le ton. A l'inverse, il semblait même chercher à murmurer, comme s'il racontait des secrets à l'homme qui lui faisait face.


Ce dernier paraissait très sérieux, et posait fréquemment des questions, haussant considérablement le ton pour se faire entendre du vieil homme. Devant lui, à côté de son verre de bière qui ne contenait plus qu'un fond de mousse, il avait déposé en vrac des feuilles de papiers, sur lesquelles se cumulaient des ébauches de personnages et des notes, dans un désordre qui contrastait énormément avec son allure de premier de classe. Entre deux questions, il griffonnait avec un crayon à moitié rongé.

Profitant d'une petite pause gribouillage, le vieil homme leva son verre en terre cuite, et alpagua la jeune fille d'une voix un peu éraillée.

"Pikachu-chan, ma petite, pourrais-tu apporter une bière de plus pour notre jeune ami? Et un autre thé pour moi."

Il reposa son récipient, la main rendue tremblante par l'âge, et fit son plus beau sourire édenté à la jeune fille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 0:01


Une musique douce, calme. C'était ça, l'avantage d'avoir un jukebox : changer la musique comme on le voulait. Et n'importe qui pouvait le faire. Tout à l'heure, elle mettrai quelque chose d'un peu plus remuant, pour rester éveillée. Après tout, un bar ferme généralement très tôt le matin. S'il devait fermer en soirée, cela risquerait fort de déplaire. Et si l'après-midi, c'était sa mère qui s'en occupait, elle faisait souvent le soir et la nuit. D'autant qu'elle au pire, si on posait une seule main sur elle, ce n'était pas vraiment elle qui risquerait de souffrir. Au moins, elle n'avait nullement besoin de s'encombrer d'une sorte de tazer pour se défendre. Pour autant, ça ne la dérangea pas. La nuit avait un petit quelque chose qu'elle aimait bien. Et des fois, c'était tranquille comme ce soir. Une petite balade, à peine parasité par les histoires de deux personnages du fond. Des fois, c'était plus agité, et elle aimait bien aussi. Et des fois, elle venait ici prendre des photos des clients, avec leur permission, alors que sa mère tenait le bar. Elle aimait bien les photographier. Dernièrement, elle s'était mise aux clichés en noir et blanc. Elle aimait bien aussi. Elle trouvait que ça faisait ressortir une certaine douceur.

Jetant un coup d'oeil aux deux hommes, elle songea qu'eux aussi, elle aimerait bien les prendre en photo. C'était une scène assez originale, après tout. Lui, le retraité, murmurant ses histoires comme si elles étaient des secrets assez important. L'autre, le mangaka, qui buvait chaque mot, criait ses questions, et dessinait à ne plus pouvoir. Ce n'était pas désagréable. Elle préfèrait tout de même ça à un groupe de jeunes braillards. Le plus jeune était d'ailleurs en train de dessiner frénétiquement. Dessiner quoi ? Elle n'en avait aucune idée d'où elle était. Et elle savait qu'en général, c'était surtout des croquis. Probablement qu'il s'en servait ensuite pour réaliser ses mangas. Profitant que ce dernier soit plongé dans ses gribouillages, le papy leva son verre en terre cuite en tremblant. Ce qui eut pour effet de la faire sourire doucement. Ce verre, c'était elle-même qui l'avait fait. Elle en avait fait quelques autres : mais elle les servait rarement aux clients. Lui était une exception. Elle ne le connaissait pas beaucoup pourtant : mais il avait assisté au début de barmaid de Jun, et il y avait toujours une sorte de lien affectif entre eux.

Il lui réclama une autre bière pour le mangaka, et un autre thé pour lui.

"Tout de suite", répondit-elle.

D'un pas gracile, elle se dirigea directement vers eux, étira ses lèvres fermées en un petit sourire doux et rassurant, attrapa doucement la tasse du petit vieux et attrapa en même temps d'un geste lent mais certain le verre déjà vide. Et sans plus attendre, s'attela à sa tâche, refaisant rapidement un peu de thé tout en remplissant de nouveau le verre rapidement, de manière à perdre le moins de temps possible. Après tout, un client qui demandait un verre n'avait pas forcément envie d'attendre qu'une tortue s'active. Une fois cela fait, elle revint vers eux, portant dans chaque main une consommation. Et, souriante, elle reposa leurs verres devant eux.

"Et voilà pour les deux charmants jeunes hommes", lanca-t-elle, sur le ton de la plaisanterie. Elle aimait bien faire ce genre de taquinerie à certains habitués. Elle savait très bien qu'ils le prendraient bien.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 6:57

Le lien affectif était réciproque. Si le mangaka, visiblement plongé dans ses croquis, n'avait pas levé les yeux à la première approche, le vieil homme, lui, semblait en sourire perpétuel en regardant la jeune fille prendre sa tasse. Pour un moment, seule la musique fournissait un bruit d'ambiance. A son premier passage, Jun pu remarquer que les feuilles disparates portaient beaucoup d'images griffonnées à la va-vite. Ici un vieil arbre tortueux dans un jardin, là un fantôme comme en dessinaient les enfants, avec un drap et une chaîne, plus loin l'ébauche d'une jeune fille portant des gants et réunissant quelques caractéristiques de... Jun. Des mots répartis un peu partout, à peine déchiffrables, mais semblant tous tourner autour d'histoire de spectres.

Ce n'est que lorsque la jeune fille revint avec les boissons que le mangaka releva la tête, abandonnant sa copie, rougissant un peu aux paroles de la jeune fille. Oh bien entendu ce n'était que des taquineries. Néanmoins, il remonta ses lunettes sur son nez en se raclant la gorge et en baragouinant un "merci" à peine prononcé. Réalisant le désordre encombrant qu'il avait fait sur la table, et surtout tout ce qu'il exposait d'indélicat, il réunit rapidement ses feuilles en un petit tas alors que le vieil homme attirait à lui sa tasse en terre cuite.

"Merci beaucoup! Tu ne veux pas t'asseoir avec nous? Il n'y a personne pour le moment. Viens donc tenir compagnie à deux oiseaux de nuit!"

Sur ses mots, il tira d'une main un peu tremblante une chaise et la tapota avec cet air qu'ont les grand-pères en voulant que leurs petits-enfants restent auprès d'eux. Le jeune homme, lui, redressa un peu la tête pour regarder Jun en coin, sembla réfléchir une seconde, puis finalement hocha la tête aux paroles du vieil homme qui enchaîna.

"Nous étions en train de parler de fantômes. Tu y crois, toi?"

Il leva un petit regard malicieux vers la jeune fille tandis que le mangaka poursuivait.

"Monsieur Mori dit que le spectre de son arrière petit-fils hante sa maison."

Le vieil homme leva une main agitée en secouant son indexe

""Ooooh, je sais bien ce que les gens pensent. Mais c'est vrai. Il m'écrit parfois, et le stylo bouge tout seul!"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 8:28

Lorsqu'elle passa la première fois, pour prendre leurs verres, elle put tout de même jeter un petit coup d'oeil sur les feuilles du dessinateur. C'était surtout des griffonnages. Un arbre tortueux, un jardin, un fantôme d'aspect plutôt enfantin, et l'ébauche d'une jeune fille qui portait des gants. Elle ne s'en soucia pas immédiatement, les servant d'abord. Mais il fallait avouer que certains dessins étaient relativement curieux. Un fantôme ? Une jeune fille qui, maintenant qu'elle y repensait, lui semblait avoir des caractéristiques en commun avec elle ? Apparemment, le mangaka semblait la considérer comme une curiosité lui aussi. Tout en prenant sans doute ses distances. C'était peut-être amer, mais elle aurait bien du mal à le blâmer pour ça. Elle non plus, elle n'aurait pas très envie de toucher quelqu'un d'électrique. On la regardait d'assez loin, c'était tout. C'était comme ça depuis des années maintenant, et ce serait comme ça jusqu'à la fin de sa vie.

N'y pensant pas d'avantage, elle continua son boulot et leur apporta des verres. Ce n'était pas qu'elle pouvait facilement ne pas y penser ; dans son état, il était très difficile d'occulter les soucis que lui posait son épiderme si particulier. Mais elle était en plein travail et elle prenait ça tout autant au sérieux. Et puis bon. Le mangaka devait juste être timide, songea-t-elle, lorsqu'il rougit en abandonnant sa copie, lorsqu'elle les flatta par taquinerie. Il remonta même ses lunettes et baragouina un léger merci. Et surtout, il se mit à regrouper ses feuilles, comme s'il venait soudainement de se rappeller de l'endroit où il se trouvait. Quand au vieux conteur, il lui proposa une chaise, arguant qu'il n'y avait personne. Ce n'était pas tellement faux. Jetant tout de même un regard sur l'entrée, histoire de vérifier que personne n'arrivait, elle obéit et s'assit de manière calme et posée. Ici ou à l'autre bout du bar, c'était un peu pareil. Et puis elle n'avait pas souvent l'occasion d'écouter les histoires de ce dernier.

Mais elle n'aurait à vrai dire pas pensé qu'on lui demanderait si elle croyait aux fantômes. Réflexion faite, elle supposa que oui. Du moins, les films parlant d'esprits et de revenants suffisaient toujours à l'effrayer. Il y avait trois mois encore, elle en avait vu : impossible pour elle de fermer les yeux durant des jours. Surement parce qu'elle se mettait alors à s'attendre qu'un mort particulièrement affreux fasse son apparition. Aussi hôcha-t-elle la tête pour dire oui, l'air peu rassurée. Elle craignait surtout qu'il se mette à lui raconter une histoire terrible sur le sujet qui la travaillerait, l'empêchant de se sentir tranquille.

Cela ne manqua pourtant pas ; le dessinateur dit alors que monsieur Mori voyait le spectre de son arrière-petit-fils, et Jun se mit à blêmir d'un coup.

"Vot... Votre arr....arrière-pe...pe...petit-fils ?" balbutia-t-elle sous le coup de l'émotion. "Il est mort de quoi ? Qu'est-ce qu'il écris, monsieur Mori" demanda-t-elle, très peu rassurée. Si elle y croyait ? Oh que oui, à son grand désespoir.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 21:16

Spoiler:
 

"C'est une triste histoire, une bien triste histoire. Il était si jeune. A peine vingt ans!"

Le vieil homme hocha la tête et souffla doucement sur la vapeur parfumée qui s'élevait de son thé. En face de lui, le mangaka baissa les eux sur ses feuilles, puis contempla les murs, d'un air assez désintéressé, semblait-il. Probablement qu'il l'avait déjà entendue de nombreuses fois, cette histoire.

"C'était un accident de la route. Sa voiture à percuter une glissière de sécurité avant de tomber dans un fossé où elle a prit feu. C'était sur une route isolée, en pleine nuit. Nous n'avons eu que des cendres à enterrer. Ma fille ne s'en remet pas. Cela va bientôt faire un mois que Sho s'est tué. Je ne le connaissais plus vraiment. La dernière fois que je l'avais vu, il était encore enfant. Une tragédie."

A mesure qu'avançait son récit, sa voix tremblait de plus en plus. Il baissa les yeux, et leva sa tasse de thé pour en avaler une longue gorgée bien chaude. Puis il glissa une main dans sa poche, sorti un tas de feuilles toutes chiffonnées qu'il posa devant lui, et tâcha de les déplier. Soudainement intéressé, le mangaka n'attendit pas la permission pour en attraper une au passage et la détailler. Le vieil homme, plus calme, se pencha vers Jun, un de ces papiers entre les mains. Il montra du doigts l'écriture instable, tremblante.

"Un jour, j'ai vu un stylo bouger tout seul sur ma table basse. Il a glissé sur un papier, et s'est mis à écrire... La première fois, c'était très très mal écrit. Je n'arrivais pas à lire! Mais maintenant, il s'améliore. Je crois que ce n'est pas facile d'écrire depuis le monde des morts."

L'écriture était irrégulière, grossière, un peu comme un enfant s'entraînant à dessiner plus qu'écrire ses premières lettres. Cependant, le texte restait compréhensible.

Citation :
NoUs somMes dEs canaiLes, de mauDits piraTes
TrinquosN mes jOlies Yo hO!
Nous so
mmes Des dIables et des moUtonS noiRs!
TrinQuons Mes jolis Yo ho !
Yo Ho yO ho, noUs soMmes les piRates les forBans!

Le vieillard poursuivit, en baissant le ton, comme pour faire une confidence.

"Quand il était petit, il venait chez moi jouer au pirate et nous chantions cette vieille chanson. J'ai d'abord cru à une blague, et puis je l'ai aperçu ce matin, à côté de l'arbre dans lequel il grimpait autrefois."

Monsieur Mori eut un sourire énigmatique, un peu nostalgique.

"Oh, Pikachu-chan, tu l'aurais adoré! Il était photographe, pour un journal. J'ai son matériel à la maison. Sa mère ne veut pas le garder... Il t'intéresserait?"

L'idée sembla le frapper soudainement. Le mangaka, lui, releva les yeux un instant des feuilles qu'il avait entre les mains et, comme réalisant son manque de respect, il les reposa sur la table et posa prestement ses mains sur ses genoux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 22:49


Monsieur Mori entreprit alors de lui en parler de manière plus détaillée. Et tout d'un coup, elle songea qu'elle aurait peut-être mieux faire de faire semblant de ne pas y croire. D'un côté, si elle avait fait cela, elle n'aurait pas été très honnête avec lui. Ca aurait été embêtant : après tout, il était bien l'un des rares à être affectueux avec elle sans la voir comme les autres. C'est-à-dire comme une curiosité. Même le mangaka semblait la considérer ainsi d'ailleurs. Une fille aussi électrique qu'elle, voilà qui était sans doute source d'inspiration pour celui qui en manquait, songea-t-elle, amère, ressentant alors une pointe de colère et de frustration. Sa mutation en fascinait plus d'un, et pourtant. Et pourtant... Elle n'avait plus jamais touché quelqu'un depuis ses onze ans. Elle n'osait pas. Certes, griller un petit poisson ne voulait pas dire qu'elle pouvait blesser ou même tuer quelqu'un. Mais elle en avait peur tout de même.

Et il raconta alors qu'il y avait un accident particulièrement avec une voiture qui avait pris feu. Terrifiée, elle mis la main devant la bouche pour retenir un petit cri. Dans ce cas-là, elle imaginait un revenant complètement brûlé de partout. Un de ceux qui sont horrible à voir. Elle apprit aussi qu'il s'était appelé Sho, et que sa mère ne s'en remettait pas du tout. Quoi de plus étonnant, d'un côté. On ne pouvait vraiment pas l'en blâmer, bien au contraire. En tout cas, lui, n'avait vu Sho qu'enfant la dernière fois. Ca faisait un sacré bout de temps alors. A cela, et après avoir bu un peu de son thé, il sortit des feuilles froissées de ses poches, ce qui provoqua un léger mouvement de recul chez Jun. Est-ce là les fameux messages de Sho ? Si elle en fut quelque peu effrayée, le mangaka ne le fut pas. Sans attendre une quelconque invitation, il en attrapa prestement un de manière fébrile. Plutôt impoli, mais elle supposait encore une fois, que cela lui servait d'inspiration après tout. Tout s'y prêtait fort bien ; un petit bar caché, une barmaid qui pouvait imiter pikachu sans soucis, et une histoire de fantôme et de pirates.

Car en tout cas, elle n'eut pas besoin des explications de monsieur Mori pour y lire quelque chose qui ressemblait vaguement à une chanson de pirate. Quant à l'écriture, elle semblait effectivement enfantine. Mais est-ce vraiment Sho ? s'interrogea-t-elle perplexe. Après tout, il était censé avoir une vingtaine d'année à sa mort. Pas sept ans.

"Mais pourquoi ?" fit-elle alors, balbutiante, et en murmura. "Pourquoi il écris ça ?"

Est-ce qu'un souvenir d'enfance pouvait être précieux au point de faire ça ? Qu'est-ce que cela lui apportait ? Les questions se bousculait dans son esprit. Et s'il avait juste envie de tenir compagnie à monsieur Mori ? Ou si cela avait été les moments les plus heureux de sa vie au point qu'il s'en raccroche après sa mort ?


Brusquement, monsieur Mori lui appris qu'il était photographe pour un journal et qu'elle l'aurait adoré. Absolument pas, rétorqua-t-elle intérieurement. Elle s'interdisait purement et simplement d'avoir des relations sociales, comme des amis ou autres. Alors même si elle aurait pu s'entendre avec ce Sho, elle aurait tenu ses distances. Après tout, il valait mieux ne pas se bercer d'illusion ; peu importait combien elle voulait être proche de quelqu'un. Ca lui serait toujours impossible. Mais d'un coup, on lui proposa le matériel de ce défunt et actuel revenant. Proposition qui sembla remettre les pendules à l'heure chez le mangaka, celui-ci s'empressant alors de reposer le papier qu'il avait pris pour adopter une posture plus respectueux. Elle-même s'inclina alors poliment et respectueusement, en répondant que :

"Si cela ne vous ennuie pas... Ce serait un honneur."


Et, se redressant, elle ajouta un peu plus inquiète : "Mais êtes-vous sur que cela ne gênerait pas Sho ?". Des fois que. Elle tenait pas non plus à se retrouver avec un fantôme qui collait aux basques à cause d'un matériel de photo.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 23:24

Le mangaka, malgré sa posture quelque peu honteuse, se tordit sensiblement le cou pour essayer de voir ce que le vieillard avait montré à Jun, sans aucun succès. Il fallait dire qu'à cette distance, il était compliqué de déchiffrer une écriture aussi hasardeuse. Il remonta une nouvelle fois ses lunettes sur son nez, plus par mécanisme que par besoin, et répondit spontanément à la première question, sans y avoir été invité. Décidément, la politesse semblait être en option chez lui.

"D'après certains ouvrages ésotériques, les défunts se servent de souvenirs communs pour tenter de faire passer un message qu'il leur est impossible de donner clairement. Il semblerait que certaines lois régissent le monde des morts, notamment celle de ne jamais dicter aux vivants ce qu'ils doivent faire. Alors ils emploie des méthodes détournées pour que ceux qui leur survivent trouvent d'eux-même sur quel chemin s'avancer."

Il avait prit un air semblable à celui d'un professeur d'école primaire, récitant un devoir. Apparemment, il avait soigneusement appris les siens. Mais constatant après coup, comme les fois précédentes, qu'il venait de faire preuve de zèle mal placé, il baissa la tête en baragouinant.

"Oui... Heu... Enfin... Ce sont des histoires."

Il se racla à nouveau la gorge et décida de se détourner de la conversation une fois encore, pour sortir son téléphone portable de son sac et pianoter dessus, histoire de se couper des autres. Le vieillard rétorqua.

"Oh, c'est bien trop énigmatique pour un vieil homme comme moi!"

Puis en se reportant sur Jun.

"Si tu veux, nous pourrons le lui demander. Parfois il me répond sur papier quand je lui pose une question. C'est assez vague, mais c'est déjà ça. Tu pourrais me raccompagner après la fermeture, non? J'habite à quelques rues d'ici. Et si Sho est d'accord, alors tu repartiras avec le matériel."

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Jeu 18 Aoû - 23:58

A présent qu'il s'était repris, le mangaka se remis de plus belle à se montrer trop curieux. La curiosité n'était pas spécialement ce qu'elle appréciait le plus, il fallait bien l'avouer. Surement parce qu'elle en était quelque peu victime, constamment. Et d'ailleurs, toujours bien impoli, il répondit à la question qu'elle avait posé. Mais elle s'était plus adressée à monsieur Mori qu'à lui dont elle ne savait même pas le nom. Il récita d'une traite quelque chose qu'il semblait avoir appris par coeur. Quelque chose parlant justement de fantômes, de morts, et de messages interdit ou non. Mais en l'occurence, elle ne voyait pas trop en quoi une chanson de pirates pouvait bien aider monsieur Mori à trouver son chemin. A moins que Sho ne lui disait éventuellement de finir comme pirate, pour de vrai. Parce que là, elle ne voyait pas trop. Ca parlait juste de canailles qui trinquaient avec ce qui était visiblement de jolies demoiselles, de diables et de moutons noirs. Plus clair, c'était surement en option.

Monsieur Mori semblait du même avis qu'elle, et ne se dérangea franchement pas pour le dire. Effectivement, en matière d'enigmes, Sho devait être une pointure. Pour preuve : le principal concerné lui-même n'y comprenais rien. Néanmoins, Mori lui proposa de le raccompagner après la fermeture. Honnêtement, elle aurait préferé le lendemain, histoire que ce soit en plein jour. Elle aimait bien la nuit, mais pas quand il s'agissait de revenants. Alors certes, elle ne risquait sans doute pas grand chose puisque Sho ne semblait pas être agressif ou rancunier. Mais elle ne connaissais pas beaucoup ce domaine-là.

"Vous ne voudriez pas venir avec nous ?" demanda-t-elle brusquement et peu rassurée au mangaka, en se tournant vers lui. Avant de se retourner de nouveau vers monsieur Mori : "il a l'air de connaitre ce genre de trucs, il peut venir ?"

Après tout, s'il y avait quelqu'un comme lui qui s'amusait à expliquer ce genre de choses par de longues explications, pourquoi pas. Ca pourrait servir et surtout, ca lui éviterait peut-être de trop paniquer. En plus, elle était certaine que, de toute manière, il se serait arrangé pour les suivre absolument. Vu son comportement, il n'avait pas l'air d'être le genre de personne à laisser tomber une occasion pareille. Autant le laisser venir dès le début. Et du même coup, elle en profita pour examiner la pendule muraille, histoire de voir combien de temps il restait avant la fermeture.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Ven 19 Aoû - 6:57

Il restait environ une heure et demi avant la fermeture. Tout concentré sur son téléphone portable visiblement, le mangaka restait prostré, comme s'il n'écoutait plus ce qui l'entourait pour quelques temps. Apparemment, il ne savait définitivement pas comment paraître sociable. Quand Jun lui posa la question, il releva la tête, regardant autour de lui, avant de comprendre que c'était à lui qu'elle s'adressait. Il la fixa, légèrement surpris, vira au rouge vif, cligna des yeux, et baragouina.

"Heu... Oui oui!! Bien volontiers! Ce serait avec plaisir! Avec beaucoup de plaisir! Heu..."

Puis il baissa les yeux sur son téléphone portable. Monsieur Mori, lui, sembla patienter quelques instants avant de répondre. Son regard passa du jeune homme à la jeune fille, comme s'il hésitait, puis finalement...

"Oui, il peut. Mais tu ne toucheras rien, mon petit Kaito, hm?"

Confus, le mangaka se passa une main sur la tête et, se penchant sensiblement vers Jun, il marmonna à peine, conscient qu'avec ce ton, le vieil homme ne l'entendra pas vraiment.

"Il a une jolie petite maison, mais beaucoup trop de bibelots. C'est difficile de s'y déplacer sans casser un truc. Hem."

Il afficha un sourire un peu niais et se replongea sur son téléphone portable.

Le reste de la la soirée fut calme. Pour seuls clients, un jeune couple vint prendre un café. Ils venaient visiblement de découvrir le bar par hasard et avaient décidé d'expérimenté le lieu. Chacun des deux posèrent sur les gants de Jun, un regard interrogateur, mais ils semblèrent finalement plus concentrés par leurs roucoulement mutuels que par ce qui les entouraient. Ils restèrent une bonne demi-heure. Une jeune fille passa un peu plus tard. Vêtue d'un uniforme scolaire, elle était entrée pour demander sa route. Elle cherchait l'adresse d'une amie chez qui elle devait passer la nuit. Personne d'autre ne vint. Et à la fermeture, le mangaka rapporta son verre et la tasse du vieil homme au comptoir, pour régler l'addition. Monsieur Mori, lui, se leva, tremblant, saisit sa canne et attendit simplement que le duo soit prêt à le suivre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Ven 19 Aoû - 8:16

Apparemment, son invitation ravit le mangaka, qui en fut si surpris qu'il en rougit, cligna des yeux, et se mit à baragouiner son enthousiasme. Mais si lui-même était heureux de pouvoir participer en fin de compte à cette petite escapade, monsieur Mori sembla en revanche beaucoup ravi. Et après une longue hésitation, accepta, en le mettant en garde de ne rien toucher. Le dénommé Kaito, confus, sembla alors faire une sorte de confidence à Jun, disant que Mori n'avait que trop de bibelots. Elle n'était sure de comprendre exactement ce qu'il voulait dire, et lui adressa un regard interrogatif. Cela étant, il leur restait tout de même une heure et demie à patienter. D'autant qu'il était absolument hors de question qu'elle fermât avant l'heure. Des clients pouvaient encore venir ; et alors, ce serait de l'argent en moins dans sa poche.

Et elle eut bien raison : car bientôt, un couple arriva et se contenta d'un café qu'elle s'empressa de leur servir souriante tout en songeant que franchement, venir dans un bar pour boire ça, ils abusaient. Ils auraient aussi bien pu commander un vrai remontant ou juste une bière à la rigueur. En tout les cas, c'était bien la première fois qu'elle les voyait, et ils étaient manifestement tombés par hasard sur l'endroit. Et de plus, ils semblèrent presque surpris de voir une barmaid avec de grands gants qui étaient à la base d'usage domestique. Heureusement pour elle, à cette heure-là, ils semblaient préférer roucouler ensemble. Heureusement ? Pas si sur. Elle était toujours jalouse des couples qui s'affichent pleinement. Elle les enviait. Puis plus tard, ce fut une jeune fille encore vêtue d'un uniforme scolaire qui en était encore à chercher l'adresse d'une de ses amies. Déjà que Jun ne voyait pas trop ce qu'une fille faisait encore en uniforme et dehors à cette heure-ci, elle fut prodigueusement agacée d'être pris pour un bureau de renseignement gratuit. Non mais c'est vrai quoi. Pourquoi ne pas payer au moins une petite consommation ? Mais par mesure de politesse et parce qu'elle tenait à ce bar, elle répondit également en souriant doucement.

A la fin de l'heure et demie, ce fut Kaito qui rapporta les verres de lui-même et de monsieur Mori, réglant du même coup l'addition. Là-dessus, elle en profita tout de même pour laver rapidement les dits-verres : histoire que demain, tous soient propres. Puis, ne les faisant pas plus attendre, changea ses gants en plastiques pour mettre ceux qui lui tiendraient chaud dehors, remit son pull et son manteau, et fit mine de les pousser vers la sortie avec enthousiasme. Fit mine, car évidemment, elle pris un très grand soin à ne pas les toucher. Une fois l'escalier remonté et le bar parfaitement fermé, elle réajusta tout de même son col roulé pour que cela couvre tout son cou, et attendait désormais que monsieur Mori ouvre la marche.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Ven 19 Aoû - 21:19

Une fois sur le seuil, le vieux Mori referma les pans de son manteau un peu trop grand. Le corps frêle et menu de l'ancien semblait se perdre dans l'épais tissu. Le jeune mangaka avait quant à lui récupéré son sac et réajustait son écharpe qu'il prit soin de bien nouer autour de son cou. Il jeta quelques regards aux alentours, et se plaça immédiatement dans la bonne direction. A croire qu'il avait l'habitude d'aller chez le vieil homme.




Les petites ruelles paraissaient désertes à cette heure. La plupart des fêtards devaient tous se trouver quelque part au chaud. Par endroits, les basses de musiques un peu brutes et probablement interdites par toutes les lois régissant le respect du voisinage s'entendaient un peu trop fort. Parfois, ils croisaient le chemin de quelques jeunes rentrant probablement chez eux. Comme ces deux filles, marchant bras-dessus bras dessous.





Celle aux cheveux bleus riait fort en avançant, agrippée et collée contre la jeune fille au teint pâle comme une morte. Cette dernière ne riait pas. Pire, elle semblait tirer une tête d'enterrement en fixant le sol. Ce n'est qu'en croisant la petite troupe qu'elle releva la tête, posant sur Jun un long regard dérangeant. Le fait qu'elle soit très légèrement vêtue, comme si le froid ne lui posait pas de problème lui donnait comme un côté irréel. L'impression ne dura qu'un instant. Entraînée par sa copine visiblement excentrique, elles ne ralentirent pas et continuèrent leur chemin. Le vieux Mori leur jeta un regard, tandis que Kaito lui, ne sembla même pas les remarquer. A la place, il ralenti sensiblement l'allure face à une affiche d'une très célèbre marque de vêtements se servant du concept de tolérance pour ses publicités. La photographie, très bien réalisée, avait été massacrée par un graffiti traçant le mot "Oosawagi" en travers de merveilleux visages souriants. Le mangaka enfonça ses mains sans ses poche et se détourna pour suivre le mouvement.

Le vieil homme finit par s'immobiliser devant une petite porte. La devanture de la maison semblait aussi ancienne que lui. La demeure paraissait comme écrasée par deux bâtiments plus grands qui la coinçaient. Il commença à fouiller dans ses poches et sortit un trousseur de clé bien trop fourni. Avec sa vue défaillante et le peu d'éclairage, associé à aux tremblements accentué par le froid qui emmêlaient ses doigts, ouvrir la porte allait lui prendre du temps. Et ce n'était certainement pas le mangaka qui allait proposer son aide.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Ven 19 Aoû - 22:55

Une fois dehors, monsieur Mori s'enveloppa frileusement dans son manteau beaucoup trop grand pour lui ; Kaito lui, réajustait son écharpe. Jun elle, tirait un peu sur ses manches et s'assurait que son cou était parfaitement au chaud. Et là-dessus, cette drôle d'équipe se mit en route. Même si étrangement, le dessinateur semblait parfaitement savoir où il fallait aller. Peut-être était-il déjà venu une ou deux fois après tout ; ceci expliquerait alors l'allusion de monsieur Mori sur ses objets et la discrête réplique de Kaito sur le trop-plein de bibelot du vieillard. Cela dit, elle était presque rassurée comme ça. Non pas qu'elle avait spécialement peur en temps normal : mais plutôt qu'elle redoutait le fantôme, aussi gentil soit-il. A cette heure-là d'ailleurs, les rues étaient désertes, ce qui ne fit que l'angoisser d'avantage. Tout ceci semblait tellement propice à une apparition effrayante d'un quelconque revenant errant... Néanmoins, ils croisèrent tout de même quelques rares passants ; mais elle ne se souvint que de deux jeunes filles. Et encore. C'était surtout à cause du regard qu'elle essuya.

Un long et très dérangeant regard ; comme elle en avait déjà vu avant. Rarement cela dit. Généralement, elle était vu comme un objet de fascination. Et cette fille semblait si curieuse... Pale, avec une tête d'enterrement, et de très long cheveux noir. Et surtout, elle était couverte comme s'ils étaient en plein été. C'était tellement surprenant. Comme une apparition, songea-t-elle, frissonante. Et pas par froid. Puis, elles disparurent. Si monsieur Mori les avait vu également, Kaito sembla s'en désinsteresser profondément, comme si elles n'était jamais passé. A la place, il lorgna une curieuse affiche de mode. C'était une publicité pour une marque très célèbre, et la photographie était franchement bien faite. Pourtant, un tag cassait tout. "Oosawagi". Qu'est-ce que cela pouvait être ? Un nom de famille ? Bah. Elle haussa les épaules, et continua à avancer en suivant le vieil homme.

Finalement, ils arrivèrent devant une petite porte et monsieur Mori sorti alors un trousseau de clé particulièrement impressionnant. Hélas, avec les conditions actuelles, le pauvre homme en aurait aisément pour quelques heures. Et Jun n'avait pas la patience pour ça. Pas en pleine nuit pour attendre un revenant. Elle aurait donné cher pour avoir une lampe de poche à l'heure actuelle surtout. Avant de penser qu'elle pourrait peut-être se servir de son électricité pour s'éclairer : après tout, une petite étincelle au creux de la main et le tour était joué... Peut-être. Elle n'avait jamais essayé, il fallait bien l'avouer. Et elle n'oserait jamais le tenter devant un vieillard. Il était probablement cardiaque en plus. A la place, et puisque le mangaka ne sembla pas s'en soucier, elle tendit en dessous des clés sa main ganté.

"Laissez-moi essayer."
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 14:33

L'ambiance extérieure n'était pas particulièrement faite pour être rassurante. Un petit vent glacial sifflait par intermittence, faisant craquer çà et là des bâches qui protégeaient quelques deux roues. La ruelle était trop étroite pour laisser passer une voiture, ce qui rentait l'espace d'autant plus oppressant. Parfois, des voix se faisaient entendre, venant probablement d'autres allées un peu plus loin, mais l'écho trompeur rendait incertain leur localisation. Les quelques éclairages étaient placés en hauteur, et la porte de Monsieur Mori se trouvant sensiblement ombragé par l'avant-toit de sa bicoque n'arrangeait pas les choses.

"Oh! Volontiers!"

Avec sa vue défaillante, il semblait plus enclin à accepter de l'aide. Néanmoins, ça n'allait pas être facile. Le vieil homme semblait posséder plus de clés qu'un gardien de prison! La plupart, bien vieilles et légèrement rouillées semblaient même ne pas avoir servi depuis des années. Il précisa tout de même, pour faciliter les recherches.

"La clé est numérotée. C'est la 07."

Un peu frissonnant, le mangaka se pencha en arrière pour guetter dans les ruelles. Le décor le rendait nerveux semblait-il et il crispa sa main sur son sac, avant qu'une idée pleine de bon sens ne le percute. Il l'ouvrit à nouveau pour en sortir son téléphone portable et fit le tour de monsieur Mori pour se pencher derrière Jun, inclinant son écran allumé sur ses mains gantées, histoire qu'elle puisse y voir quelque chose.

Quand enfin ils purent ouvrir la porte, Jun pu constater que l'intérieur était vraiment minuscule. A vrai dire, il ne s'agissait que d'une seule pièce, avec dans un coin un escalier archaïque menant à l'étage. Et surtout, c'était un véritable capharnaüm. Il y avait tout juste de quoi s'avancer seul, mais deux personnes côtes-à-côtes n'auraient pu se tenir sans risquer de faire tomber quelque chose. Seul le kotetsu, au centre de la pièce, offrait un espace dégagé et confortable. Alors que partout ailleurs les bibelots s'entassaient dans un désordre sans nom, sur la table basse, seule une feuille de papier et un stylo étaient visibles. Au fond, la paroi était semblait-il constituée d'une énorme porte coulissante. Le vieil homme se pencha pour actionner l'interrupteur.

"Entrez entrez! Il fait froid dehors."

Il posa d'ailleurs chacune de ses mains dans le dos des deux jeunes pour les inciter à franchir le seuil.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 16:24

Le fait qu'elle se soit permise de ne pas rentrer directement chez elle était franchement inhabituel. Après tout, elle passait son temps à ne se concentrer que sur ses loisirs et n'avait aucun ami depuis quelques années. Mais qu'elle ait fait cela pour avoir la permission d'un fantôme l'était encore plus. Non parce que bon. Aller chez un client fidèle pour avoir l'autorisation d'un revenant de prendre son matériel de photographie puisque sinon, il allait finir à la poubelle, c'est peu banal. D'un autre côté, elle ne voulait pas non plus passer des nuits blanches à se demander si un mort va revenir juste pour la poursuivre. Mais en l'occurence, l'ambiance présente n'était absolument pas faite pour la rassurer. Vraiment pas. Ca faisait justement penser avec exactitude à l'un de ces films d'horreur qu'elle avait déjà vu. Le vent glacial qui sifflait, la nuit noire, cette impression d'oppression et ces petits craquements... Non, elle n'aimait pas du tout. Elle était franchement pas rassurée et avait surtout envie de partir d'ici le plus rapidement possible. Toutefois, elle n'en laissa rien paraitre, gardant l'expression la plus neutre dont elle était capable dans une telle situation.

Et si elle proposa son aide à monsieur Mori, dans l'espoir que cela irait plus vite, elle déchanta rapidement. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? songea-t-elle, un peu perplexe et un peu nerveuse. Il y avait là tellement de clés... A croire qu'il avait au moins toutes les clés de toutes les maisons du quartier. C'est possible d'avoir autant de clés en même temps ? Cela lui semblait quelque peu irréel. Ca devait être tellement lourd dans une poche en plus... Et savoir qu'il s'agissait de la numéro 7 ne l'aidait guère plus. Après tout, elle ne voyait pas plus que lui, en l'occurence. Heureusement, Kaito sembla avoir eu un éclair de génie, et attrapa son portable pour l'éclairer. Nerveusement, elle les triffouilla alors sans faire plus attention à ce dernier sur le coup. Non parce que bon. C'était sympa, certes, qu'il l'aide un peu. Mais quand il y avait un fantôme dans l'histoire, fallait pas lui demander plus qu'un calme apparent. Et finalement, elle parvint à trouver la bonne clé. A se demander comment monsieur Mori faisait toutes les fois où il rentrait tardivement.

Et lorsqu'ils entrèrent, elle compris brusquement le sens de leur échange de tout à l'heure. Effectivement, tel que l'avait dis Kaito, il semblait particulièrement difficile d'être présent physiquement ici sans rien casser. C'était peut-être ça le message de Sho. "Papi, les pirates ivrognes et cochons, c'est cool, mais paye-toi un employé de ménage."En fait, une seule chose semblait justement correct. Une table basse sur lequel était soigneusement posé de quoi écrire. Monsieur Mori alluma l'interrupteur et ce faisant, les encouragea à rentrer en posant ses mains sur leur dos. Peu rassurée, autant par la main de monsieur Mori que par le potentiel revenant, elle avança alors de quelques pas, de manière plutôt crispée. Elle avait peur de casser quelque chose, et surtout, elle avait peur de ce qu'elle pourrait voir ici.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 17:25

"Allons allons! N'ayez pas peur!"

Monsieur Mori les poussa un peu plus. Difficile à dire si Kaito s'était arrêté par galanterie en laissant la priorité à Jun, ou s'il était juste passablement couard. En tous les cas, le vieil homme les bouscula suffisamment pour pouvoir refermer la porte derrière eux et retira ses chaussures dans ce qu'on allait qualifier d'entrée, comme le vouait l'usage. En chaussettes, il se glissa très lentement, âge oblige, à côté de Jun pour la devancer. Il avait l'habitude de ce capharnaüm et s'y déplacer sans rien heurter était une seconde nature chez lui. En boitillant, il retira son manteau, et fit le tour du kotetsu pour aller récupérer une de ces imposantes mallettes de photographie. Du matériel de professionnel, assurément. Accroché par des lanières sur le sac se trouvait un pied replié. L'intérieur laissait deviner de l'équipement conséquent. Sans doute plusieurs formats d'objectifs, différents types de flashs, et probablement des pellicules pour un appareil à l'ancienne à défaut de numérique. Encore fallait-il l'ouvrir pour en estimer le contenu.

Mais avant que le vieux Mori n'ai pu reposer l'ensemble sur la table basse, le stylo avait commencé à bouger. Kaito poussa un léger cri en pointant du doigts la table. L'objet roula sur le côté, glissa un peu sur le bois, et s'éleva lentement dans les airs, piquant du nez pour heurter de la pointe la feuille du papier.
Un seul mot se traça, irrégulier.

"QuI?"

Mori eut un large sourire.

"Ne t'en fais pas, mon petit Sho. Ce ne sont que des amis dont je t'ai parlé. Kaito et Pikachu-chan."

Le stylo retomba sur la table dans un fracas et, bien que la porte soit refermée, Jun pu sentir comme un courant d'air lui frôler la nuque. Pourtant, il n'y avait rien derrière elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 18:41

Tout en les encourageant, il les poussa plus vivement pour pouvoir entrer à son tour et refermer la porte derrière lui. A le voir, vivre dans cette immense désordre lui semblait aussi naturel que de respirer. Kaito, quant à lui, était resté en retrait. Couardise ou galanterie ? Elle vota intérieurement pour de la couardise, puisque le respect et la galanterie ne semblait être présent chez lui que lorsqu'il le voulait bien. Et si monsieur Mori avait déjà posé son manteau quelque part et sortait le matériel de photographie, ni elle ni Kaito n'amorcèrent un geste pour se déchaussé. En ce qui la concernait, elle était surtout partagée entre effroi et crainte de se casser quelque chose en glissant dans ce capharnaum.

A priori, il lui montra d'ailleurs ce qui devait être ce fameux matériel, présenté dans une boite dont elle avait finalement assez envie d'ouvrir. Après tout, quel mal y a-t-il à ouvrir une boite ? Cependant, alors que monsieur Mori s'avancait pour sans doute déposer tout ceci sur la table, Kaito poussa un cri qui la fit alors violemment sursauter... Et le doigt pointé de celui-ci, désignant un crayon qui bougeait tout seul, lui rappela ce qu'elle avait momentanément oublié : le revenant. Si elle se contena suffisament pour ne pas hurler également, elle blêmit très fortement. Si elle avait pu, elle serait devenu blanche comme neige. Un "qui" très irrégulier fut alors écris. Qui quoi ? se demanda-t-elle d'abord, perplexe. Avant que monsieur Mori ne lui réponde.

Le stylo retomba, et à cet instant, elle jura sentir quelque chose la frôler. Un courant d'air dans la nuque. Et ce n'était pas Kaito, non. Il n'était pas derrière elle. Se mettant d'abord les mains devant la bouche pour se retenir de hurler, elle finit par les baisser de quelques centimètres et acquiesca.

"C'est vrai. Moi, je suis Pikachu." dit-elle finalement. Se sentant brusquement ridicule. Après tout, elle ne s'était ô combien jamais présenté sous ce pseudonyme. C'était toujours les autres qui lui attribuait. Si en plus Sho connaissait bien la référence, il trouvera ça sans doute ridicule lui aussi, pensa-t-elle. Avant de réaliser que bon, c'était bien joli de s'inquièter de ce qu'il pouvait se dire, mais qu'il était mort tout de même. En attendant, elle regarda autour d'elle, plutôt inquiète de la suite des évenements. Et si finalement, Sho était un revenant plutôt violent et/ou qu'ils ne voulait pas les laisser partir comme ça ?
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 20:04

Kaito, pas franchement très rassuré, recula d'un pas pour rester bien sagement derrière Jun. Il n'était définitivement pas galant. L'air suspicieux, il fixa sans oser se détourner le stylo qui était retombé sur la feuille. La jeune fille pouvait le sentir trembler comme une feuille derrière elle.

A l'exact opposé, et pas du tout inquiet, le vieux Mori reposa la mallette sur la table basse.

"Allons les enfants, n'ayez pas peur, avancez! Sho ne va pas vous mordre."

Le vieillard eut un rire un peu grinçant, qui se tut immédiatement. Et pour cause, la seule lampe qui éclairait la pièce s'éteignit. Dans un sursaut de peur, Kaito recula contre l'interrupteur et l'actionna, sans succès.

"Un court circuit?"

Dans la pénombre vaguement éclairée par la lueur que la rue lançait depuis une fenêtre, Jun pu voir monsieur Mori lever un regard d'incompréhension en direction du plafonnier. Et surtout, elle pu voir derrière lui comme une sortie d'ondulation, comme si les ombres étaient vivantes. Seule Jun pu entendre un murmure à peine prononcé, tout près d'elle.

"Eloignez-le!"


Encore que ce fut tellement subtile qu'elle ne pu en être sûre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 21:00

Kaito, qui pourtant avait été ravi de venir au début, semblait à présent être devenu un véritable trouillard. Pire qu'elle-même. Car si elle, elle faisait de son mieux pour éviter de trop montrer ses sentiments à l'heure actuelle, notamment sa trouille, lui avait carrément reculé derrière elle. Pas galant, mais ce n'était pas la première fois qu'on lui faisais, réalisa-t-elle amère. On l'admirait devant, mais on se planquait pour la laisser seule quand ça risquait de tourner mal. Surtout que bon. C'était pas comme si on pouvait la prendre dans ses bras pour faire mine de la protéger. Pour autant, elle en restait profondément déçue à chaque fois. Elle ne pouvait pas prétendre qu'elle s'en fichait... Ou du moins, pas sincèrement. Si lui tremblait comme une feuille, elle n'en était pourtant pas loin. Une grosse envie de partir en courant aussi. Mais monsieur Mori ne semblait pas très inquiet, bien au contraire. C'est sans doute ce qui la convaincu de rester un peu. Ce dernier leur assura d'ailleurs que Sho n'allait pas les mordre. Ouais. Mais c'était pas tellement d'une morsure quelconque qu'elle avait peur.

Le rire du petit vieux s'estompa aussi vite qu'il avait commencé, correspondant pile poil à l'exctinction de la lumière de la pièce. Qui se traduisit par un Kaito absolument paniqué tentant de rallumer en jouant avec l'interrupteur. Balèze. Même elle qui avait arrêté assez tôt les cours se doutait bien que ce n'était pas ça qui fonctionnerait. Si c'était un court-circuit, elle savait que chez elle, il fallait regarder le disjoncteur. Mais si c'était une ampoule, d'abord vérifier si c'était le courant ou juste l'ampoule. Parce que bon. Elle était pas allé à l'école depuis trois ans, mais pour autant, elle avait appris à être un peu autonome chez elle.

"Faut vérifier si c'est juste la lumière ou pas", finit-elle par dire, légèrement agaçée. Parce que bon. Entre un petit vieux et un mangaka, aucun d'eux n'avait la présence d'esprit de vérifier ça, tout de même. Y avait pas un radio-réveil ou un micro-onde d'allumé dans tout ce fourbi ? Ca aiderait plutôt bien, songea-t-elle, jetant un coup d'oeil autour d'elle, peu rassurée. Etre plongée dans la pénombre dans une maison où manifestement se trouvait un fantôme n'aidait en rien à se sentir très en sécurité. Et puis bon. Elle avait l'impression que les ombres bougeaient. Certes, si elle faisait dans le rationnel, elle pouvait se dire que bon, c'était une illusion d'optique. Sauf qu'en l'occurence, elle n'était pas en mesure de réfléchir convenablement.

A la place, elle lâcha un gémissement pas du tour rassurée lorsqu'elle crut entendre un murmure. Elle n'était pas sure que c'était ca d'ailleurs. Et ca avait été si bas qu'elle n'avait rien compris.

"Tout à l'heure, tu semblais t'y connaitre", fit-elle remarquer à Kaito, légèrement accusatrice. Parce que bon, pour quelqu'un qui semblait avoir un peu étudié le sujet, il était pire qu'elle qui y croyait et en avait la trouille. "T'as pas une idée ou lu un truc sur ça ?" demanda-t-elle.

Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 21:21

Très concentré sur l'interrupteur qu'il actionnait toujours dans un sens et dans l'autre, Kaito tourna légèrement la tête vers Jun en relevant nerveusement ses lunettes sur son nez de sa main libre.

"Heu... Et bien... C'est-à-dire..."

Sa main s'immobilisa finalement. Sans doute venait-il d'accepter le fait que s'acharner sur un interrupteur n'allait certainement pas ramener la lumière. Dans le désordre ambiant, rien de brillait. A croire que s'il existait un autre appareil quelque part, soit il était bien dissimuler sous d'autres choses, soit il était hors circuit lui aussi. Kaito se reprit.

"Et bien... La pénombre précède presque toujours une catastrophe. En tout cas c'est toujours comme ça dans les histoires d'horreur alors..."

Un rire retentit dans la pièce. Un rire féminin qui ne parut pas inconnu à Jun. Dans les ombres, derrière le vieil homme interdit, elle et Kaito purent voir deux yeux d'un bleu clair se dessiner, puis une figure décorée de piercing, puis le chapeau haut-de-forme de la fille croisée un peu plus tôt dans la rue. La voix entendue précédemment par Jun devint plus claire.

"Mais éloignez-le!!"

Monsieur Mori poussa un cri horrifié quand la jeune fille aux cheveux bleus lui agrippa le bras d'une main, puis la mallette e l'autre, pour le tirer en arrière dans les ombres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Dim 21 Aoû - 22:26

Finalement, Kaito cessa enfin de s'acharner bêtement sur l'interrupteur. Il était temps. Et, sembla-t-il retrouver ses esprits et recommencer à raisonner. Ce qui n'était pas franchement pas trop tôt. Et du moins, elle ne trouva rien d'autre que de la pénombre, ce qui ne fit qu'augmenter l'angoisse qu'elle ressentait à l'heure actuelle. Comme elle mourrait d'envie de pouvoir se blottir sous une couette, en se rassurant elle-même tant bien que mal. Surtout qu'à son grand désarrois, il se mit à lui parler de films. Les films, ca lui faisait peur. Elle aurait préferé qu'il lui parle d'un truc qu'il aurait lu. Car là pour le coup, il n'avait rien de rassurant. Et évidemment, c'est à ce moment-là qu'un rire retentit et elle laissa échapper un petit gémissement tout en serrant ses mains, comme pour se rassurer un peu toute seule.

Très vite, il s'avèra que ce n'était pas un rire surnaturel et venu d'outre-tombe, mais le rire d'une jeune fille qu'elle venait de croiser. Ebahissement total. Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire de dingue... En tout cas, loin de vouloir papoter, miss Cheveux Bleus attrapa monsieur Mori ainsi que la mallette. D'abord abasourdie, elle réagit enfin en lui courrant après, histoire de la stopper. Chose qui s'avèra plutôt hardue avec un tel désordre.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Lun 22 Aoû - 19:55

Effectivement, le désordre rendit la tâche difficile. Non seulement Jun dû éviter des sacs, des étagères surchargées, un tas de bric-à-brac mêlant tous les bibelots possibles et inimaginables, sur plusieurs années de collections incongrues, mais en prime, la pénombre n'aidait pas. Monsieur Mori voulu pousser un cri de plus mais la main de la jeune fille bleu aux cheveux bleus quitta son bras pour l'agripper à la gorge et l'attirer avec elle dans les ténèbres. Le pauvre vieil homme trébucha, et bascula en arrière. Une de ses mains se tendis en avant, dans un réflexe naturel, comme pour se rattraper à quelque chose. Ses phalanges frôlèrent celles de Jun. Un court, très court instant.


Elle le tenait presque. A un détail prêt. Une chose qui avait plongé derrière elle pour s'agripper à ses jambes, lui faisant perdre l'équilibre. Dans son dos, Kaito s'était jeté sur elle pour la retenir, faisant visiblement fi de toutes les histoires qu'il avait pu entendre sur les compétences surprenantes de la mutante. Jun ne pu qu'assister à la disparition du pauvre Monsieur Mori, emporté par l'inconnue, avec le matériel photographique de Sho.

Me restait que la pénombre, un courant d'air venu de nulle part, la respiration agitée de Kaito et un stylo qui s'éleva une nouvelle fois dans les airs pour pointer sa bille accusatrice sur le duo.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Lun 22 Aoû - 22:50

Finalement, sa "course" ressemblait surtout à une course d'obstacles particulièrement pénible. Une drôle de scène tout de même. Mais au moins, elle avait provisoirement oublié le revenant qui était présent et qui avait sans doute murmuré quelque chose. En tout cas, elle aurait juré avoir senti et entendu de drôles de trucs. Et alors qu'elle parvint presque à leur hauteur, Cheveux Bleus recula d'avantage, faisant trébucher monsieur Mori dont les doigts frôlèrent ceux de Jun un instant très bref. Elle aurait bien esperé pouvoir l'attraper à défaut de la fille ou du matériel. Elle aurait pu d'ailleurs, elle le crut sincèrement. Du moins, jusqu'à ce qu'elle chute brutalement en sentant quelque chose s'agripper à ses pieds ; lui arrachant alors un cri de surprise et de douleur. Et monsieur Mori disparu dans la pénombre avec la drôle de fille.

C'est donc avec une certaine colère qu'elle tourna la tête vers ses pieds.... Et vers Kaito, plus précisement.

"Mais qu'est-ce que tu fais ?" s'exclama-t-elle, peu ravie.

Avant de le repousser, et violemment. Quant on est furieuse après tout... Il venait tout de même de la faire tomber volontairement, comme s'il avait justement voulu faire disparaitre monsieur Mori. Peut-être était-ce d'ailleurs le cas ? Elle n'en savais rien et de toute manière, elle voyait trop rouge pour avoir envie de comprendre son comportement. Et le stylo qui s'élèva alors en l'air et semblant les désigner, presqu'accusateur s'il avait pu, n'était en rien pour la calmer. Elle le pointa du doigt, hurlant furieusement que : "T'as mis le fantôme en colère !"

Et là-dessus, c'est avec une rage tout juste contenue qu'elle retira avec peu de délicatesse l'un de ses gants. "Mais à quel jeu tu joues ?". Et la main liberée de son enveloppe de tissu et mise en l'air, lançait un message très clair. Il avait intérêt à avoir la meilleure des explications.
Revenir en haut Aller en bas
Le Gardien
Conteur
avatar

Messages : 2451

Feuille de personnage
Réputation:
15/15  (15/15)
Connotation: Pourriture d'MJ sadique
Nota Bene:

MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Mar 23 Aoû - 22:42

Agrippé à la cheville de Jun, Kaito relâcha brusquement sa prise, comme s'il venait de se brûler. Il leva les mains bien en l'air en se faisant repoussder. Enfin en rampant sur les fesses pour prendre la distance imposée par la mutante, renversant au passage une petite commode en équilibre précaire, ce qui fit s'effondrer pas mal de bibelots en tout genre. Un presse-papier en verre en forme de boule piqueté de bulles d'air roula sur le sol, entouré d'un tas de feuilles remplis de ses dessins quand son sac se renversa, accompagné de son téléphone portable Il se mit à baragouiner.

"Heu... Je... Je..."

Il fixait la main de Jun, visiblement tétanisé. Sur le sol, le téléphone portable s'ouvrit, l'écran s'alluma tout seul, et le dernier message envoyé s'afficha. L'adresse de Monsieur Mori y était inscrite. Confus, Kaito ne savait plus trop par quel bout s'exprimer alors qu'il avait baisser un regard incrédule sur le téléphone portable. Il revint fixer Jun en reculant un peu plus en arrière.

"Si tu l'avais touchée, elle t'aurait emportée avec elle! Elle ne voulait que le vieux, juste lui!"

certains objets renversés sur le sol s'écartèrent, comme si quelqu'un donnait des coups de pieds dedans pour les écarter d'un chemin qui menait droit à Kaito. Les deux extrémités de son écharpes se soulevèrent et s'écartèrent, comme pour l'étrangler. Il poussa un cri étouffé en balançant ses bras devant lui sans utilité. Il réussit à articuler.

"Bon d'accord! D'accord!!! Elle voulait aussi les affaires du fantôme! Mais c'était tout! Je l'jure!!"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   Mar 23 Aoû - 23:08

Si elle s'emporta très vite, il fut soit très surpris de sa colère pourtant parfaitement justifiée, soit particulièrement trouillard. Même si elle hésita tout de même entre les deux possibilité, elle eut fortement tendance à pencher pour la seconde option. Ce gars-là n'avait pas l'air aussi courageux que ça, et surtout, il venait de mettre en colère un fantôme, des batons dans les roues de Jun, et surtout, il avait aidé à l'enlèvement d'un précieux matériel photographique et d'un des meilleurs clients de celle-ci. Et mince quoi. Les clients n'étaient pas non plus nombreux et à se bousculer pour y être. Alors les clients fidèles, on les aime, on les chouchoutte. Cela étant, la main qu'elle avait liberé semblait lui fiche une trouille incroyable. Si elle avait été un peu plus calme, elle aurait songé alors qu'elle aurait dû remettre le gant, histoire de le mettre genre en confiance, ou du moins, obtenir ses réponses plus rapidement.

Hélas, elle n'était pas partie pour se tranquilisait ; le téléphone de ce dernier, tombant au sol et affichant alors un message contenant l'adresse de monsieur Mori en disant alors déjà très long sur la présente situation. C'était calculée depuis un moment, et elle en poussa un cri de surprise mêlée très vite à une colère plus intense. C'était prévu, donc ? Et si elle avait pas été là ce soir, monsieur Mori aurait disparu en un claquement de doigt, sans véritable témoin. Car non, un revenant n'était pas un bon témoin ; un trouillard manipulateur non plus. Néanmoins, elle se saisit violemment du téléphone portable en question avec sa main gantée, et essaya d'afficher le reste des messages. Histoire d'en apprendre quelques belles de plus ; que ce soit dans les messages reçus ou envoyés. Dire qu'elle lui avait elle-même proposé de venir, réalisa-t-elle amère. Bien qu'elle n'était pas certaine de ne rien lui proposer du tout aurait tout arranger. Le manque d'invitation n'avait visiblement pas gênée outre mesure Cheveux Bleus.

Et alors qu'elle tentait de regarder tout ceci plus en détail, certains objets au sol se mirent à bouger. Un peu comme si quelqu'un s'amusait à shooter dedans. Ce n'est que lorsqu'elle compris que tout ceci avait l'air de libérer un passage vers eux, qu'elle poussa un nouveau cri, d'effroi cette fois, ne parvenant pas à maitriser ses émotions sur le moment. L'écharpe qui bougea alors, semblant vouloir étrangler Kaito la ramena à sa colère. Même si c'était Sho, pourtant mort, qui s'énervait contre le mangaka, ça lui était bien égal. C'était même mieux. Reprenant donc là où elle en était, elle placa sa main sans gants à proximité du visage de Kaito.

"Tu sais pourquoi on m'appelle Pikachu, pas vrai ? Tu veux que je te touche ?", dit-elle avec mauvaise humeur. "Déjà, t'as été payé combien pour me retenir et pour aider à tout ça ? C'est qui cette fille ? Pourquoi elle voulait monsieur Mori et le matériel ? Parle !" continua-t-elle, toujours aussi fâchée. Et il y avait de quoi, selon elle.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox   

Revenir en haut Aller en bas
 
01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» 01.02/09.C.Tokyo - Bar, histoires & jukebox
» Histoires cochonnes ..(pour lecteur averti)
» Histoires RP
» Les Histoires de la Pleine Lune
» Histoires korriganes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
X-Héritage :: Terre 616 :: Asie-
Sauter vers: