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 Les Étrangetés humaines

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MessageSujet: Les Étrangetés humaines   Les Étrangetés humaines EmptyDim 24 Avr - 22:15

Cher Spencer,

Je tenais à te remercier pour ta lettre de condoléance, elle fut, auprès de ma mère, d’un réconfort inattendu. Néanmoins, il me faut t’informer de quelque événement grave. Une nouvelle tragédie plane sur ma famille, et je crains de devoir te demander ton aide.

Après l’enterrement d’Alicia, mon frère partit s’oublier. Il s’enterra pendant un temps à Londres qui, comme toutes les capitales, offre cette sélection de vices dans lesquels le chagrin se noie, aspiré par une débauche méthodique où l’on musèle la détresse. Je le connaissais ambivalent, préférant l’immensité charnelle à une restriction naturelle, bête prédisposition qui le limiterait dans ses potentiels vicissitudes. Bien qu’il fût mutant, mon frère dormait sur des étrangetés humaines comme un oisillon débile, attendant sa limace en piaffant sa famine. Jamais ne lui ai-je révélé ce point commun que nous partagions, et je préfère, encore à ce jour, préserver son ignorance. Je joins à cette lettre un fragment de son journal intime afin que tu puisses juger convenablement la situation.

28/01/45 : Londres, matin

Pestilence est mort. Il repose dans les canalisations londoniennes. Je me réjouis maintenant, plus qu’autrefois, de déverser ma semoule. En tirant la chasse, j’imagine mes indigestes repas parfumer sa charogne dégueulasse. Je ne peux plus rentrer chez moi. Mon père, dès qu’il apprendra ma mutation, me déshéritera.

Je suis ruiné.

Pas encore… Il me reste quelques livres, et je vais m’empresser de me payer une ou deux putes pour bien me décrasser de cet argent sali par l’appétit de mon père. Ce connard respire toujours, mais je reviendrai.



28/01/45 : Londres, soir

Ils dorment. Je me suis offert le luxe d’une femme, rousse et en chair, et un homme, mon âge, avec un corps solide. L’expérience ne fut pas déplaisante, je n’ai même pas envie de les bouffer. Sans Alicia, je ne sais pas si je pourrais me contenir encore longtemps. Les mutants que j’ai butés avaient un goût de chiotte, ce qui ne m’étonne pas compte tenu de leur environnement. La chair humaine, ce n’est pas mon truc, mais la violence sanglante, pleine de tripes et de boyaux, ça me fait bander… J’ai peur, mais je tiens le coup. Je ne suis pas un monstre, si je dois épancher ma soif, ce sera dans la piquette. Je vais accepter l’offre de Chimère, et me rendre à Chicago.

31/01/45 : Londres, matin

J’ai viré la gonzesse. Je me contente du mec.

31/01/45 : Londres, soir

Je n’ai ni mon passeport, ni ma carte bleue. Mon impulsivité m’a conduit à dilapider mon pécule par la débauche, et me voilà sans ressources, avec une catin insatisfaite, et un billet d’avion inutile. Je vais écrire à ma mère, par mail. Cette pauvre âme mérite mieux.
Voilà trois jours que je n’ai pas chassé. Il semble que la domination sexuelle atténue mon instinct, mais uniquement si mon partenaire est un homme. J’ai vu dans un documentaire qu’une telle chose est fréquente chez les bestiaux… Tant mieux.


04/02/45 : Londres, après midi.

J’ai reçu mes effets ! Ma mère m’a probablement sauvé la vie, et sans même poser de question. Je préfère lui taire la vérité, elle ne la supporterait pas. J’ai vidé, puis fermé mon compte en banque. Douze mille deux cents livres en poche. Je pars demain. Je me réserve une journée pour retrouver mes esprits, j’irai probablement tuer un chien errant ou un rat. Je ne peux pas troquer le sang par le sexe, je veux faire une bonne impression, mériter leur confiance. Ces types sont mon seul espoir.

Par chance, en fouillant sa chambre d’hôtel, j’ai trouvé ce journal intime, qu’il a dû oublier dans sa précipitation, caché derrière une bouche d’aération. Gregory, malgré ses affectations, n’est qu’une intelligence médiocre, un cancre victorieux dont la sottise se confond par une assurance exacerbée. Tant mieux, il ne servira que plus facilement nos desseins. Mon père, ce vieillard bigot et amoindri, a donc changé son testament, me redonnant ainsi la place qui m’échoit. À cet âge, les grandes fortunes ont une versatilité féminine, ils jonglent sur des émotions éteintes, cherchant à raviver les passions d’une jeunesse morte, relique de ces temps où, encore érectiles, ils parcouraient la vie au lieu de la prolonger gauchement. C’est pourquoi il te faut trouver Gregory et l’inciter, dans l’ombre, à retourner en Angleterre. Sa vengeance assouvie, nous le livrerons aux autorités, me laissant seul bénéficiaire de l’entreprise familiale. Je compte sur toi, ton vieil ami,

Zachary Arkin
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MessageSujet: Le caramel ?    Les Étrangetés humaines EmptySam 6 Aoû - 0:43

Mrs Wong est un nom inscrit dans bien des mémoires.

Il est peu d’habitants logés dans le quartier qui n’eussent essayé ses délicieuses saveurs sans en avoir regretté la digestion. Ce temple oriental n’attire ni les regards, ni les convoitises ; on y distingue une enseigne lumineuse où brille péniblement l’emprunt éponyme de la soi-disante tenancière. Près de la fenêtre transparaît une table sur laquelle repose une fleur, petite tige orgueilleuse de pétales jaunes qui, sans être fanée, décourage les appétits optimistes. Lorsque l’on franchit la porte, on découvre une salle éclairée par de faibles lampes dont le grésillement continu agace les oreilles et s’étend à travers toute la pièce sans jamais cesser de résonner.

La devanture offre une sélection de plats qui, loin d’exciter la faim, répriment autant les estomacs intrépides que les discernements enivrés. L’activité, quant à elle, se limite à un couple de serveurs jouant aux cartes et à Mrs Wong, femme d’un âge indéterminable, trônant sur un tabouret tandis que sa cigarette se consume entre ses doigts jonchés de bagues et de cicatrices. Au fond de la pièce se distingue une porte bleue sans prétention, sur laquelle est inscrite, dans un caractère neutre, mais d’une clarté sans équivoque, l’interdiction formelle de s’en approcher. On trouve, si l’on franchit cette porte, un escalier qui débouche sur l’arrière-salle, terre de souffrances discrètes et de confidences sanglantes.

« J’aime le son de ma voix. Je le trouve mélodieux, en harmonie avec cette acoustique funèbre qui fait palpiter votre cœur. Je comprends votre réticence à m’avouer où se trouve mon paquet, mais cela n’excuse pas l’impolitesse dont vous faites preuve. Vos gémissements couvrent mes paroles et, par extension, gâchent le plaisir auditif de ma fille. »

Spencer Chesterburry contemplait sa victime ligotée par la terreur. Assis sur une caisse en plastique, le gérant de l’agence tremblait de tout son corps. Il ne comprenait ni les causes de sa capture, ni le timbre nonchalant qui émanait de la voix de son geôlier. Une petite fille, âgée d’à peine huit ans, serrait la main de ce maniaque d’une façon plus mécanique que chaleureuse.

« Croyez vous qu’il me sied de perdre mon temps ici, avec votre mine déconfite, quand un travail plus urgent réclame mon attention ? Je ne suis pas un boucher, ni un criminel, juste une personne qui, malgré son penchant pour la cuisine, se retrouve contrainte de récupérer une clé U.S.B. Je vous assure, épargnons nous de cruelles aux revoirs et donnez-moi une adresse. »

Spencer soupira, grimaçant une déception d’autant plus inquiétant qu’elle paraît d’une grande sincérité.

« Comment voulez-vous que j’inculque les convenances à ma fille lorsque les adultes n’hésitent pas à mentir. Comme je me devais de vous punir, j’ai donc envoyé Marty vous réprimander. Étrange bonhomme que ce Marty, il envoie des rafales plasmiques capables de détruire un corps entier. Ho… Ce qui me fait penser… Je suis navré pour vos employés… Mes sincères condoléances… »

Le visage de Spencer s’assombrit d’une complaisance, et après quelques secondes commémoratives, il reprit sur un ton plus enjoué :

« Oublions le passé, parlons de l’avenir. Je peux, non, je veux vous épargner en échange de l’information demandée. Pour vous motiver, et avant que vous n’osiez à nouveau nier l’évidence, laissez-moi vous décrire ma fabuleuse capacité. Je suis une sorte de micro-onde, il me suffit de pointer un doigt dans une direction pour transformer une zone en véritable fournaise. Vous avez un petit garçon, Samuel, je crois, a-t-il jamais essayé de mettre un jouet dans le micro-onde ? Le résultat n’est pas beau, comme vous le savez, c’est pourquoi je vous conseille de tout me révéler. »

À peine avait-il balbutié son ignorance que son front devint une masse molle et liquide qui descendit sur des yeux exorbités de douleur ; les dents grêlèrent une à une, comme une neige d’automne qui surprend un ciel azuré ; la langue lui sortit tout entière, donnant une face d’histrion à cette grimace tordue par la souffrance ; enfin, sous les ongles calcinés, les doigts devinrent plastiques et les corps fusionnèrent en une masse inerte, prototype d’une race nouvelle.

La viande encore fumante, son téléphone portable sonna.

« Allo ? Ha Marty ! À la maison ? Ce soir ? J’arrive. »

Spencer sortit de la pièce, traînant sa fille qui le regardait avec une complète admiration. Miss Wong, elle, s’empressa de rejoindre le sous-sol où elle préparait, avec une grande application, son si délicieux porc au caramel.
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MessageSujet: Re: Les Étrangetés humaines   Les Étrangetés humaines EmptySam 6 Aoû - 1:02

Le salon, avec sa table en chêne, ses deux lustres en cristaux et ses tableaux ornés de cadres massifs, dénonçait une opulence familière dont le souvenir encore ardent réveilla sa nostalgie. Emmitouflé dans une couverture, Gregory savourait une tasse de thé. Il s’en dégageait, à travers une volute de fumée argentée, une agréable senteur de baies orientales. Ses mains, assaillies d’une souffrance d’après guerre, soulevaient fébrilement la tasse jusqu’à ses lèvres tandis qu’un majordome se tenait devant lui, immobile, tel un robot ménager attendant un ordre pour se mouvoir.

« Gregory ! Quelle joie ! » Déclara une voix qui l’obligea à se retourner vers la porte. « Bon sang ! Ton frère m’avait prévenu de ton voyage, et j’espérais que tu passes me voir ! »

Spencer Chesterburry était un ami d’enfance de Zachary. Les deux hommes avaient étudié ensemble au collège de Londres puis à l’université d’Oxford, et lorsque Arkin Estate décida de dénicher des investisseurs en Amérique, la délégation, soumise à la volonté de son frère, décréta Spencer l’homme de la situation. Personnage jovial, il se grisait de nombreuses anecdotes qu’il racontait avec un talent de comédien. Il adorait les histoires drôles, en possédait un répertoire assez impressionnant, et, chose étonnante, ne racontait jamais deux fois la même chronique.

Spencer et Gregory se connaissaient bien, et ce dernier, sans vraiment apprécier le bonhomme, ne lui prêtait aucune intention néfaste. Mais sa loyauté envers son frère lui faisait craindre sa langue, et il ne souhaitait pas que sa famille sache où il puisse se trouver. Aussi avait-il préférer l’éviter, ce qui, hélas, s’avéra plus difficile que prévu, car sans toit, et contraint de loger chez les Morlocks, il s’empressa de se rendre à son adresse pour lui mendier l'hospitalité.

- Mon frère sait que je me trouve à Chicago ? Interrogea le jeune homme étonné de sa déclaration.
- Avant même ton atterrissage, répondit immédiatement Spencer. Après ta disparition, Zach est venu à Londres, s’est rendu à ton hôtel et, devine quoi, a trouvé ton journal intime caché derrière une bouche d’aération. Rassure toi, il me l’a envoyé et il t'attend dans la chambre que Marty va te préparer.

À ces mots, le majordome claqua des talons et sortit de la pièce, non sans jeter un regard étrange à Gregory.

- On discutera demain, reprit Spencer après un bâillement de son invité, je suis au courant de ta mutation, de tes ébats, j’ai lu l’ensemble de ton journal et, crois-moi, dans ma jeunesse, avec ton frère, on a expérimenté des choses bien comparables. Ton père… Enfin, demain, j’insiste ! Tu me poseras toutes les questions que tu souhaites, et je ferai de même, d’accord ?

Après avoir acquiescé, Gregory se rendit dans sa chambre où il trouva des vêtements à sa taille, une salle de bain équipée du nécessaire, et une télévision, qu’il alluma directement pour écouter les informations en fond sonore. L’incident du Old School accaparait l’ensemble du journal, et la spéculation sur l’identité des deux Pères Fondateurs laissaient présager une nouvelle chasse aux mutants. Peu importe, Gregory se sentait en sécurité pour la nuit, et il en profita pour prendre un bain.

Le lendemain, dès huit heure, Marty frappa à la porte. À vue d’œil, le majordome n’excédait pas vingt-six ans ; ses cheveux blonds étaient coiffés en mèche, ses yeux, d’un vert absinthe, brillaient d’intelligence ; un nez fin surplombait deux lèvres délicates et rosées qui, de temps en temps, s’étiraient de manière imperceptible, révélant ainsi un degré de malice non négligeable ; enfin, toute la créature ne laissait pas indifférente et Gregory, qui savait son journal intime lu par Spencer, ne se gêna pas pour le lui faire entendre :

- Beau cul, décréta-t-il quand Marty se retourna pour lui montrer le chemin.
- Je retourne le compliment à Monsieur, répondit le majordome sur un ton neutre.

Dans la salle à manger, Spencer et sa fille attendaient l’arrivée de Gregory. À la lumière du jour, son hôte lui apparut fidèle à ses souvenirs.

Spoiler:
 


Malgré son âge, Chesterburry était un homme bien fait, aux traits réguliers et aux prunelles ardentes. Toute sa physionomie encourageait la confiance et la jovialité, et chaque fois qu’il le voyait, Gregory s’étonnait qu’une personne aussi agréable à vivre puisse côtoyer un homme aussi abjecte que Zachary. Sa fille, elle, ressemblait à une midinette innocente, quoiqu’un peu laide

- Merci pour l’hospitalité, déclara Gregory alors qu’il prenait place sur une chaise.
- Je t’en prie, c’est le moins que je puisse faire. J’ai vu les informations, et je pense que tu étais dans cet hôtel, si tu veux en parler...
- Non, coupa Gregory, rien d’intéressant, et tant qu’à faire, si on pouvait éviter de débattre sur les mutants.
- Pas de débats ici, jeune homme, nous sommes tous du même côté.

Soudain, le café de Gregory se mit à bouillir. Lorsqu’il leva son regard, il aperçut l’index de Spencer pointer vers le récipient.

- Un mutant, comme ta sœur, comme toi, – il hésita une seconde - et comme Zachary.
- Hein ? Ce bougre d’idiot est un mutant ?! La face de Gregory se décomposa, jamais il ne s’était douté…
- Mutant, oui. Idiot non. Ton frère ne savait pas pour toi, c’est seulement quand il a découvert ton journal intime qu’il a compris toute l’affaire. Il veut t’aider, c’est pour ça qu’il m’a contacté. Je te cherchais hier soir quand Marty m’a informé de ton arrivée.
- Je ne peux pas retourner en Angleterre.
- Je sais bien ,souffla Spencer en le regardant avec affection, c’est pourquoi je t’offre une chambre en attendant que tu trouves une autre solution. Je ne sais pas ce que tu fabriques, mais ne fricote pas avec les Pères Fondateurs, ils sont…
- Mes affaires, trancha Gregory qui ne souhaitait pas mettre en péril le Old School.
- Et concernant la mort de ta sœur ?
- Mes affaires.
- Je comprends, conclut le quadragénaire de façon un peu peiné. Tu es ici chez toi, libre de parler ou non.

La conversation dévia sur des sujets plus légers. On parla surtout de la société familiale, et Arkin apprit que son frère projetait d’engager des mutants pour faciliter l’espionnage industriel. Mais il devait attendre la retraite de son père, ce qui l’énervait grandement car il craignait que la concurrence n’eût déjà recours à ce genre de moyens. Il profita de l’après-midi pour se familiariser avec sa nouvelle garde-robe. Son frère avait tout prévu, jusqu’à lui faire parvenir une photo d’Alicia.

Le huit février, après son départ pour le repaire des Morlocks, Spencer et Marty se retrouvèrent dans un bureau encombré de bibliothèques.

- Tu as couché avec lui ? Demanda-t-il à son majordome
- Oui, il reviendra, en plus d’un toit, il peut baiser sur commande.
- Bien, on ne doit surtout pas lui proposer de retourner à Londres, l’initiative doit venir de lui.
- Il suffisait de mentionner l’exhumation de sa sœur, déclara-t-il humblement, il murmure encore son nom dans son sommeil.
- Il n’est pas mûr, pas assez pour tuer son père.
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